Dernièrement, sur les planchers de danse, je me suis surpris à réfléchir à cette drôle d'idée de « la dose de beats et de la dose de danse par semaine » dont m'avait parlé l'ami Dany il y a déjà quelques années :
« Tu sais Chris, chaque semaine, j'ai besoin de ma dose de danse pour équilibrer ma santé mentale. C'est simple, j'ai réalisé que quand je ne danse pas, ma semaine ne va pas bien. Alors la solution est simple, je danse et la semaine je suis heureux, chargé d'énergie. »
En effet… je vous regardais danser au cours du week-end, comme des animaux, je vous regardais sourire, être heureux, je ME regardais moi-même être heureux, reconnaissant pour cela, en paix, et cela m'a fait penser à la profondeur du traitement que la danse peut nous offrir.
J'avais cette impression qu'au fond, la danse nous offre des périodes de rattachement de nos fragments de consciences perdus... Elle permet de se plonger en soi, de retrouver une partie de nous-mêmes, de repenser à nos semaines, à nos joies ou nos peines, et de guérir parfois. N'est-ce pas peut-être ça, au fond, le véritable traitement?
Et cette fin de semaine, j'ai eu ma dose. Au Stereobar entre autres, dimanche soir aux beaux dimanches avec Monitors, nous avons eu une musique extraordinaire et DAMN nous avons eu notre dose de beats! C'est tellement une JOIE de pouvoir consolider notre connexion aux visages connus, dans le plaisir de célébrer la semaine, de fermer le week-end et de danser avec des gens qu'on aime…
En y repensant, je réalise que c'est exactement ce que j'ai ressenti tout le week-end, un peu partout à Montréal. C'est incroyable, la communauté, la collectivité et ce que j'appelle le « Maillage », c'est à dire le bonheur d'échanger et de croiser des gens familiers, issus d'une communauté mature, où la bienveillance des gens les uns envers les autres fait presque partie du décor.
Avez-vous déjà pris conscience que peu importe où vous arrivez, vous n'êtes jamais seul?
Vous ne vous retrouvez jamais étranger chez vous. Il y a toujours au moins UN visage connu, une personne familière avec qui vous avez déjà eu un petit échange, qui vous reconnaît, vous fait un petit haussement de tête et qui vous fait sentir un peu chez vous…
Sans vraiment nécessairement connaître les gens parfois, on reconnaît les visages, on connaît un peu les histoires. On connaît les personnages qui remplissent très bien un rôle, ou LEUR rôle dans l'imaginaire de la nuit, dans toute sa folie, sa temporalité, ce moment éphémère où se croisent des gens libérés de leur costume du jour pour enfin se dévoiler dans toute leur beauté, sans les artifices des feux du soleil.
C'est le fait de ce « Maillage » entre tous qui contribue au sentiment de sécurité intrinsèque, parce que l'on connaît déjà notre environnement.
Voilà la force de notre collectivité.
2. Pourquoi cela devient si précieuxAutant dans ce monde où il puisse y avoir de si beaux échanges et partages momentanés, spontanés, ponctuels, autant dans ce monde puisse aussi y avoir des abus, des dérives, de la noirceur et des choses qui ne seront jamais dites, car perdues dans la noirceur de la nuit.
Il en va donc d'un équilibre, d'une juste recherche, d'un bon endroit dans ce que l'on va chercher pour soi-même à l'intérieur du cadre des after hours, des clubs, des DJ, de la musique, des pistes de danse, des planchers de danse, du fashion, de la préparation de vos nuits, et même de devenir un « clubber professionnel », quoi.
Car oui, il y a bien une éthique de la nuit.
Voyons comment cela se manifeste…
Ces gens que vous connaissez plus ou moins, mais qui font partie des environnements que vous fréquentez, qui vous font sentir bien et qui constituent une forme de sécurité et une appartenance à un groupe social, comblent ainsi l'un des besoins primaires humains bien identifié dans la pyramide de Maslow : l'identification et l'appartenance à des groupes culturels et sous-culturels.
Inconsciemment, cela constitue un facteur identitaire qui vous détermine et vous conditionne.
Cet axiome n'est pas super évident, alors relisez deux fois, mais il en vaut la peine :
Le bien-être individuel et les bienfaits personnels que retirent chacun de vous, dans les démarches qu'il entreprend afin de mettre en place les conditions idéales, pour « extraire » de sa vie, un nombre d'heures déterminé, planifié et organisé, anticipé, qui sera consacré aux délices de la danse, de la musique et de la nuit, avec tout ce que cela implique, est donc un sacrifice, ou un choix conscient, de prioriser la nuit sur d'autres activités du jour courant qui ne seront pas vécues.
En d'autres mots, tout ce que vous sacrifiez de vos vies pour aller danser et en tirer des bénéfices, a un coût.
C'est un mode de vie.
Ce sont des choix qui priorisent les situations qui nous amènent finalement la plus grande dose de bien-être, de guérison et d'appartenance à des groupes, avec le plus naturel des élans : celui de la danse.
La danse, c'est la condition, l'élément ou l'activité qui réunit tous les gens dans la communauté autour de certains DJ et de certaines soirées.
C'est donc un facteur commun par lequel les gens de la collectivité se reconnaissent avant tout. Il y a aussi tous les autres facteurs, bien sûr, qui deviennent secondaires, mais, à la base, c'est la danse.
C'est donc ces bienfaits, que chacun retire pour soi-même de son activité de danse, qui donnent des interactions avec tous les gens, qui donnent de l'importance à tout cet espace et à tout cet univers dans la vie de chacun.
C'est pourquoi la musique a sa propre importance pour chacun de vous. DONC si la danse est très importante pour vous, vous pouvez aussi croire qu'elle est très importante pour les autres.
Alors, si, comme vous, ils sacrifient tout ça pour vivre ça, vous pouvez faire confiance que, s'ils disent qu'ils font ça, ils font ça pour ça!
Comme vous.
Alors c'est ça.
Cela établi, on est d'accord?
Et tout le reste est du bonus.
;)
C'est au nom de cela que l'on fait des démarches, que l'on s'améliore, que l'on veut se modifier, changer un peu la façon dont on s'habille, dont on danse, dont on s'organise pour être plus fluide, plus compatible, plus identitaire. Et cela fait partie de nous, de chacun de vous, et donne toute la couleur de la nuit.
DONC, comme cela vous identifie, cela vous appartient, ce mode de vie vous détermine et en bout de ligne, cela compte pour chacun de vous. N'est-ce pas?
Comme cela compte, cela a de l'importance et représente une part d'amour fort, de compassion, d'empathie, de compréhension et, encore une fois, d'appartenance à un clan ou d'identité avec des gens qui sont comme vous.
Car, vous aimez ces gens.
Le fait que ces gens sont comme vous, et vous fassent sentir bien, est un immense privilège et un immense bénéfice que vous reconnaissez, et pour lequel vous êtes prêts à faire des efforts, oui oui, réellement, et à accepter des règles communes, des règles collectives, qui font que chacun d'entre nous est un peu moins soi pour être un peu plus tout.
C'est ça, le deal.
On est tous unis par cet esprit de la vie underground, le « Spirit Of Underground Living »
non?
C'est le SOUL.
3. Pourquoi une communauté finit naturellement par se protégerQuand quelque chose nous fait autant de bien, cela finit inévitablement par devenir précieux. Et lorsqu'une chose devient précieuse, on développe naturellement le réflexe de la protéger.
Je ne pense pas que cette protection soit née d'un règlement ou d'un code de conduite. Je pense qu'elle est apparue tranquillement, simplement parce que des milliers de personnes se sont mises à partager les mêmes lieux, les mêmes émotions et le même besoin de se retrouver.
Sans même toujours s'en rendre compte, une foule de petits gestes apparaissent. Les regards familiers. Les sourires. Les signes de tête. Les personnes qui viennent prendre des nouvelles. Les discussions extraordinaires qui commencent sur un coin de piste et se poursuivent jusqu'au lever du soleil. Les conseils. Les préventions. Les « fais attention ». Les « est-ce que tu es correct? ». Les gens qui prennent naturellement soin les uns des autres.
Je crois que nous vivons tous ces moments sans vraiment les remarquer, parce qu'ils sont devenus normaux. Pourtant, ce sont précisément eux qui donnent une âme à une communauté. Ils créent un climat où l'on sent que les autres ne sont pas simplement autour de nous, mais aussi un peu avec nous. C'est ce que je tente de cristalliser comme concept avec cet état d'association que l'on vit tous par l'entremise de cet « esprit de la vie underground » (le S.O.U.L) qui nous rassemble avec des gens qui nous ressemblent.
C'est là que naît la bienveillance. Et avec le temps, sans même que l'on puisse dire exactement à quel moment, un autre sentiment apparaît : celui de ne pas être menacé.
Celui de pouvoir relâcher les épaules. De pouvoir être soi-même. De se laisser complètement aller à la musique, à la danse, aux rencontres, sans avoir constamment à regarder derrière soi.
En réfléchissant à tout cela, je crois que ce sentiment de sécurité n'est pas le point de départ d'une communauté. C'en est probablement l'un de ses plus beaux résultats. Il est la conséquence de tous ces petits gestes que nous posons les uns envers les autres, souvent sans même y penser. Et c'est peut-être justement parce qu'ils nous semblent si naturels que nous oublions à quel point ils sont précieux.
Beaucoup d'entre nous se nourrissent dans la nuit et le répercutent dans le jour en devenant plus cool, plus compréhensif, plus ouvert, en laissant plus de liberté, en étant plus « jazzy », en étant capable de mieux improviser comment on fait quand on danse…
Mais oui! Y aviez-vous déjà pensé?
Quand vous dansez, vous interagissez en vous adaptant au chaos en fait…
Tout autour de vous, les danseurs dansent, donc bougent, donc vous obligent à vous adapter, non? Et on ADORE ça! Les vrais danseurs ne s'offusquent pas des petits obstacles ou des petits détours de sacoches. Au contraire, ils les prennent comme une opportunité de faire plus de pas lol.
Les danseurs ne s'offusquent pas d'un petit coup ou un petit contact accidentel ici ou là avec une pioche de service qui flashait sa sacoche ou un dude le nez dans le téléphone, mais pour vrai...
Je suis certain que vous serez d'accord avec moi, les vrais danseurs ne se touchent en fait jamais. Jamais. Quand je dis jamais, je parle de jamais.
Vous pouvez danser 50 000 pas dans une nuit, les partager avec d'autres personnes qui en partagent 20 000, 30 000 ou 40 000, et jamais vous ne marcherez sur un pied, jamais on ne vous marchera sur un pied. Vous ne donnerez pas un coup de coude, ni ne bousculerez personne, parce que le danseur qui a les yeux ouverts pour profiter de tout son espace ne veut surtout pas de contact qui viendrait perturber son élan. Sommes-nous d'accord?
Et c'est à cela que les danseurs d'expérience savent s'adapter, à tout le chaos de leur environnement, avec délice.
D'ailleurs à ce propos, une amie me disait au Piknic de dimanche, que se promener dans la foule en dansant est un peu comme un jeu vidéo. Elle disait : « il y a des gens qui louent des jeux vidéo pour faire exactement ce qu'on fait. Aller dans des couloirs, courir dans des foules, les traverser, éviter les obstacles, sauter et s'adapter à toutes sortes d'imprévus! Et nous, on a la chance, quand on traverse le Piknic ou qu'on traverse de grandes foules comme ça, de juste nous adapter, trouver notre chemin et faire exactement ce que ces gens font dans les jeux vidéo. »
Wow. Ma-la-de ! Je n'y avais jamais pensé.
J'ai trouvé ça fantastique comme image.
C'est vrai.
Et ça m'a fait réfléchir, parce que moi je sais que j'adore tellement, mais TELLEMENT me plonger dans une grande foule, la traverser sans toucher personne, en dansant. Je capote sur ça. Quand je le peux, dans les grands bains de danse, je traverse DEDANS la crowd, miam!
J'adore. C'est délicieux. Franchement délicieux. Tellement fucking délicieux.
ALORS!
C'est au nom de tout cela qu'il vaut la peine de prendre le temps d'être patient, d'être dans la compréhension, d'être apprenant, d'être ouvert sur les autres et de communiquer aux autres que l'on est dans la bienveillance, pour que chacun ait les yeux ouverts et fasse attention à nous, comme faire attention à eux.
Et à ceux qui ne le font pas, il faut simplement éduquer.
Et parfois, quand on apprend qu'il y a des choses qui se passent mais qui ne sont pas acceptables, on n'est pas obligé de rester silencieux « sans s'en mêler ». On n'est pas obligé d'accepter les non-dits, ou de rester dans l'hypocrisie.
Chacun choisit pour soi, chacun ses intérêts. Chacun fait les choses pour des raisons qui lui appartiennent. Mais il y a certaines valeurs qui nécessitent des prises de position, et d'accepter ou non certains comportements, qu'ils viennent d'un ami, d'un amour, d'une personne proche ou d'un étranger.
En 2026, les inconduites sexuelles et sociales, ainsi que les gestes sans consentement ne sont plus tolérables. Il faut les dénoncer et, sans en virer fou, chacune et chacun a le DROIT de s'exprimer et de les signifier au regard des autres.
C'est pour cela qu'existe entre autres le signal d'appel à l'aide, créé par la Fondation canadienne des femmes, illustré et expliqué ici sur le site de SoulMontreal : soulmontreal.com/fr/signal-daide.html
Si vous voyez ce geste, il faut agir. Parfois, il ne faut pas s'en offenser davantage, mais il ne faut surtout pas non plus l'accepter tout simplement — ça ne sert à rien d'en faire un drame, mais ça ne veut pas dire de laisser passer sous silence, sinon rien ne change. On les nomme, on les assume, on passe par-dessus.
Captures tirées de la Soul App →
Et si les harceleurs ne comprennent pas, on les FACKIN KICK out de nos dancefloors.
C'est tout.
Oui, les erreurs arrivent. T'as droit à une. Tu peux faire une deuxième erreur. Mais t'as pas droit à trois erreurs.
Donc, dans une communauté, si quelqu'un faute trois fois, eh bien il faut savoir aussi se tenir, pour se protéger soi-même — car la protection ne viendra jamais des services légaux, formels ou officiels. Je parle d'expérience.
C'est dans l'amour des uns pour les autres que nous trouvons le meilleur justificatif, et le meilleur moyen de garder l'œil ouvert, à être bienveillant pour ceux que l'on aime et qui font que nous sommes bien — car ces gens nous rendent meilleurs, donc on a intérêt à ce qu'eux aussi soient bien.
N'est-ce pas?
Alors imaginez cette boucle de logique, qui est peut-être à la base, ou à la naissance, de tout ce système.
Pourquoi fait-on les choses?
Pourquoi, en collectivité, prenons-nous des décisions, des choix, des opinions qui soutiennent, supportent, confirment ou défendent nos choix collectifs? Pourquoi s'organise-t-on « en société? »
Eh bien, c'est afin de mettre en place un équilibre qui rend chacun meilleur dans un spectre donné d'activité, par l'échange de quelques compromis, au bénéfice de la sécurité, et la paye des grands bienfaits émotionnels?
4. Ce que j'ai vécuDepuis le début de cette lettre, je vous parle de la beauté de notre communauté. De la musique, de la danse, des regards familiers, de cette bienveillance qui nous protège sans même qu'on ait besoin de la nommer. Tout est magnifique. Tout est vrai.
Mais il y a une question que plusieurs d'entre vous m'ont posée ces dernières semaines : mais où était Costa? Je vous ai raconté une partie de la réponse dans Where is Costa — pourquoi j'ai disparu depuis début juin, pourquoi mon corps a réagi comme si tout recommençait. Ici, je veux vous dire pourquoi ça compte pour nous tous.
Il y a 4 ans, un 23 juillet 2022, j'ai été victime d'une agression extrêmement violente qui a bouleversé ma vie. Le 23 juillet 2026, cela fait 1461 jours de bonus.
Mon agresseur est sorti de prison en avril. Malgré des conditions légales le lui interdisant, il s'est imposé à moi : le 14 juin dernier, il m'a attendu pendant trois heures sur le trottoir du Stereobar. Quand je suis sorti, il était là, à trois mètres de moi.
Ça a suffi. Tout est revenu. Mon cerveau est parti en dérapage — j'ai sombré, dans les jours suivants, dans d'importantes crises PTSD.
Vous savez, j'étais persuadé d'être « guéri », mais non. La guérison n'est pas une ligne droite. On peut avancer pendant des années et découvrir, sans l'avoir vu venir, qu'une seule rencontre suffit à réveiller une douleur que l'on croyait derrière soi.
Pour en comprendre plus sur la grande histoire, et voir la photo de son agresseur, Costa vous raconte les faits ici →Depuis sa sortie, mon agresseur n'a pas respecté ses conditions de libération. Il m'a intimidé, il s'est repointé là où moi je danse, il a approché plein de mes amis, a ramassé plein de contacts Facebook, et a harcelé des filles. Triste à mourir.
Plusieurs personnes sont venues me raconter avoir rencontré mon agresseur dans les dernières semaines, et me racontent ce qu'il dit, comment il agit. Plusieurs personnes sont intervenues. Plusieurs personnes ont refusé de détourner le regard.
Un ami qui a eu un accrochage avec lui m'a dit : « Chris! Ce gars est un agresseur dans toutes les lettres du mot! »
Fack.
J'ai compris que je n'étais pas seul. J'ai constaté que protéger une communauté n'était pas seulement l'affaire d'un règlement, ou « de la police ».
Alors, vous savez quoi? J'ai vraiment essayé d'agir. Et SURTOUT, j'ai refusé de laisser passer ça dans le silence et le non-dit.
J'ai fait tout ce qui était possible pour garantir mon droit à ma sécurité, et celle de ma communauté — exactement comme on m'a dit de le faire. J'ai ressorti mes dossiers de cour. J'ai appelé les commissions, les procureurs, la police. J'ai déposé plainte. J'ai écrit des dizaines de pages de documents, de rapports. Sans réponse satisfaisante.
En voulant suivre les lois, j'ai fait valoir mon droit à la paix et à la sécurité, censé être garanti par le jugement imposant à mon agresseur de ne pas être en ma présence, ni de consommer, ni d'être en présence de gens du milieu de la nuit. J'ai passé des journées entières au téléphone à me faire renvoyer d'un bureau à l'autre, chacun me disant que ce n'est pas de son ressort… décourageant.
Mais qu'est-ce qu'il reste au citoyen, quand ni la police, ni personne censé agir, n'agit?
Alors, après toutes ces journées perdues, c'est par l'expérience de l'inverse que j'ai compris à quel point cette communauté se protégeait déjà, et que c'est par là que ça passe...
Mon message est simple et clair. Si vous voyez ce gars tout près d'un endroit où vous m'avez vu, moi, au cours de la soirée, de la journée ou de la nuit — peu importe où — si vous m'avez vu sur un plancher de danse et que soudainement vous voyez ce gars à l'extérieur, ou sur le trottoir, ou sur le plancher, vous pouvez lui signifier avec gentillesse : « Hey mec, tu dois dégager. Costa est là, c'est pour ton bien. »
Je fais ça au nom de toutes les victimes qui ne pourront jamais se battre, qui ne pourront jamais se défendre, qui subiront les injustices de leurs agresseurs sans jamais avoir le support de la justice. Je refuse simplement de rien faire et de laisser ça aller, en laissant la possibilité que d'autres gens vivent aussi ce que j'ai pu vivre.
Je ne fais pas de diffamation. Cet homme a été reconnu coupable par la cour. C'est la raison pour laquelle, quand il raconte à des gens des immondices pour justifier son geste et me dénigrer, ça ne passe pas.
C'est pour son bien, en fait — afin de ne pas le laisser encore une fois briser une condition de sa probation, ce qui le mettrait davantage en situation à risque.
Je m'affirme : je n'accepte pas l'intimidation. Mais dans la bienveillance.
5. Pourquoi SOULCe qui nous protège le mieux, ce n'est pas seulement un règlement.
C'est la responsabilité collective. Le courage de parler. La bienveillance. Le fait de protéger ce qui nous fait tant de bien.
Ma réponse à la violence, ce n'est pas la vengeance. C'est l'amour, et c'est la prévention. C'est ça.
C'est pour ça qu'est né SOUL. Pas d'en haut, pas comme un règlement imposé — co-construit avec des centaines de voix de ce milieu. Dix mantras, du premier au dixième : de « Prends soin de toi » jusqu'à « Veille les uns sur les autres », en passant par le consentement, la bienveillance, le respect de la bulle de chacun. Chez nous, c'est comme ça.
Si vous souhaitez les découvrir un à un, et voir les outils qui sont en développement, je vous invite à visiter les mantras et SOULMontreal.com. Vous y découvrirez une initiative née de l'amour profond que je porte à cette communauté, et de la conviction que la musique, la danse, le respect, la bienveillance et la responsabilité collective peuvent continuer à grandir ensemble.
SOUL n'est rien d'autre que cette réflexion mise en action. Une façon de développer des outils de communication qui favorisent les valeurs éthiques de la nuit, et qui contribuent, ensemble, à prévenir les inconduites sexuelles et sociales.
Parce que protéger notre communauté, ce n'est pas seulement réagir lorsqu'il est trop tard.
C'est choisir, chaque fois que nous nous retrouvons sur une piste de danse, de prendre soin de ce qui nous fait tant de bien.
Pour lire l'histoire complète de cette nuit du 23 juillet 2022 : lesparolesdechris.ca
Découvrir les mantras SOUL : soulmontreal.com/fr/mantras.html
Découvrir SOUL Montréal : soulmontreal.com




